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Les garçons ont aussi le droit de pleurer : comprendre les émotions des garçons

« Un garçon, ça ne pleure pas. »
« Arrête de pleurer, on dirait une fille. »

Ces phrases, encore très présentes dans notre quotidien, ne sont pas anodines. Elles façonnent, souvent sans que nous en ayons conscience, la manière dont nous regardons les émotions de nos enfants… et en particulier celles de nos garçons.

Derrière ces mots se cache une croyance profondément ancrée : celle qu’un garçon devrait être fort, en contrôle, capable de tenir bon face aux émotions vulnérables comme la tristesse ou la peur.

En tant que maman de quatre garçons, ce sujet me touche particulièrement parce que je le vois au quotidien : les garçons ressentent, eux aussi, intensément. Ils ont besoin d’exprimer, d’être compris… et surtout, ils ont le droit de pleurer.

Des émotions différentes selon le sexe… vraiment ?

Sans le vouloir, nous n’accueillons pas les émotions de la même manière selon qu’il s’agit d’un garçon ou d’une fille.

Un garçon en colère ? Cela dérange moins.
Une fille en colère ? Cela surprend davantage.

À l’inverse, les larmes d’une petite fille sont souvent mieux acceptées que celles d’un garçon. Comme si la tristesse était « normale » chez l’une, mais problématique chez l’autre.

Dans notre imaginaire collectif, une fille est douce, sensible, délicate. Un garçon, lui, est censé être fort, solide, viril.

Mais cette vision repose-t-elle sur une réalité biologique ?

Les recherches montrent que certaines différences hormonales existent. La testostérone, plus présente chez les hommes, peut favoriser une inhibition des pleurs, tandis que la prolactine, davantage présente chez les femmes, est associée à une plus grande émotivité.

Cependant, un point essentiel est souvent oublié : selon les chercheurs, ces différences n’apparaissent réellement qu’à la puberté.

Les études montrent qu’avant cela, garçons et filles ressentent les émotions avec la même intensité. Autrement dit : un petit garçon qui pleure n’est pas « trop sensible ». Il est simplement… un enfant. Et comme chaque enfant, il possède son propre tempérament. Certains garçons sont plus expressifs, plus sensibles, plus émotifs que d’autres, et ils ont d’autant plus besoin d’être accompagnés avec douceur et empathie.

Pleurer : une fonction essentielle pour l’équilibre émotionnel

On a souvent tendance à voir les pleurs comme un problème. En réalité, ils sont une ressource.

Pleurer est une réponse naturelle du corps face à une douleur, une frustration ou une peine. C’est un mécanisme d’autorégulation. Pendant les pleurs, le cerveau libère des hormones comme les endorphines et l’ocytocine, qui participent à apaiser le corps et à restaurer un état de calme. C’est ce qui explique cette sensation de soulagement après avoir pleuré.

Les pleurs ont aussi une fonction relationnelle. Ils permettent d’alerter l’entourage, de signaler un besoin, de créer du lien. Un enfant qui pleure ne cherche pas à manipuler : il cherche à être entouré. Les larmes contiennent par ailleurs des substances qui participent à l’élimination de certains déchets de l’organisme.

En interdisant aux garçons d’être tristes ou de pleurer, nous les privons de cette capacité naturelle qu’a leur corps de prendre soin d’eux.

Ce que l’enfant apprend quand ses émotions sont accueillies

Lorsqu’un enfant est accompagné avec bienveillance dans ses émotions, il développe progressivement une capacité essentielle : celle de comprendre et réguler ce qu’il ressent.

Mais ce n’est pas tout.

En étant accueilli dans sa tristesse, sa peur ou sa colère, il apprend aussi à accueillir celles des autres. Il développe de l’empathie, de la compassion et une sensibilité relationnelle très précieuse.

C’est ainsi que naissent des comportements comme :

  • consoler un frère ou une sœur,
  • prendre soin d’un proche,
  • soutenir un ami en difficulté.

À l’inverse, un enfant qui apprend à refouler ses émotions risque de se couper peu à peu de son monde intérieur… et de celui des autres.

S’interdire de pleurer : quelles conséquences à long terme ?

On pense souvent qu’en apprenant à un garçon à « se contenir », on le rend plus fort. En réalité, c’est souvent l’inverse qui se produit.

Une vie émotionnelle appauvrie

On ne peut pas sélectionner ses émotions. Il est impossible de dire : « je garde la joie, mais je supprime la tristesse ». Lorsqu’un enfant apprend à bloquer certaines émotions, il réduit aussi sa capacité à ressentir les émotions positives. Moins de tristesse… mais aussi moins de joie, moins d’élan, moins de gratitude.

Un risque de déconnexion émotionnelle

En se coupant de ses émotions, l’enfant se coupe aussi de celles des autres. Cela peut freiner le développement de l’empathie et rendre les relations plus difficiles, plus instables.

Des répercussions sur la santé

Les émotions refoulées ne disparaissent pas. Elles s’accumulent. Comme un sac à dos que l’on remplit sans jamais le vider, elles finissent par peser lourd, très lourd.

Ce n’est pas un hasard si les hommes sont davantage touchés par certaines pathologies liées au stress, ou encore par des conduites à risque. Les émotions non exprimées finissent toujours par trouver un chemin… parfois au détriment de la santé.

Comment accompagner les émotions de votre enfant ?

Accompagner un enfant dans ses émotions ne signifie pas tout accepter sans cadre. Cela signifie être présent, contenir, comprendre… sans nier ce qu’il ressent.

Voici quelques repères simples pour vous guider :

  • Accueillez les pleurs de votre garçon, même s’ils vous semblent disproportionnés. Pour lui, l’émotion est bien réelle.
  • Évitez les phrases qui minimisent ou interdisent : « Arrête de pleurer », « Ce n’est rien », « Les garçons ne pleurent pas », « Tu n’es pas une fille quand même ! ».
  • Un garçon peut se sentir gêné par des émotions jugées « faibles » ou « féminines » comme la tristesse ou la peur. Introduisez des phrases déculpabilisantes, comme « Bien sûr que tu es triste. C’est normal de pleurer. Cela fait du bien. Tout le monde pleure un jour ou l’autre. » Aidez votre enfant à mettre des mots sur ce qu’il vit : « Je vois que tu es triste », « Ça a l’air difficile pour toi ».
  • Offrez une présence calme, sans chercher immédiatement à faire disparaître l’émotion. Les pleurs pour des « petites choses » peuvent cacher une cause plus profonde. Vous pouvez lui dire : « Viens, je vois que quelque chose ne va pas. Raconte-moi. » Puis laissez-lui le temps de s’exprimer.
  • Ne comparez pas votre enfant aux autres. Évitez les phrases comme : « Il est tombé et il n’a même pas pleuré, tu devrais prendre exemple. » Votre enfant doit sentir qu’il a le droit de ressentir et d’exprimer ce qu’il ressent.
  • Valorisez ses gestes d’empathie et de gentillesse envers les autres.
  • Créez des moments de lien réguliers pour nourrir la relation et lui permettre de déposer ce qu’il vit.
  • N’ayez pas honte des crises de larmes en public.
  • Et surtout, rappelez-lui souvent qu’il a le droit de ressentir… et qu’il est aimé tel qu’il est.

Et si la vraie force, c’était de ressentir ?

Un garçon qui pleure n’est pas un garçon faible, c’est un enfant qui a un cœur doux et qui est encore connecté à lui-même. Et peut-être que notre rôle, en tant que parent, n’est pas de lui apprendre à se couper de ses émotions… mais au contraire, de l’aider à rester en lien avec elles.

Parce qu’un enfant qui se sent libre de ressentir devient un adulte capable de comprendre, de créer du lien, d’aimer… et de faire face à la vie avec une solidité bien plus profonde que celle des apparences.

Par Elena Goutard, coach parental, thérapeute familiale et spécialiste du sommeil bébé et enfant

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Bonjour, je suis Elena

Coach parentale et thérapeute familiale, j’aide les parents à surmonter les défis du quotidien et à créer une relation épanouissante avec leurs enfants. À travers mes articles, je partage des conseils et des outils pour vous guider dans cette aventure.

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