« C’est toujours moi. », « Ce n’est pas juste ! »,« Les autres ont de la chance, pas moi. »… Si ces phrases résonnent dans votre quotidien, il est possible que votre enfant soit enfermé dans ce que l’on appelle avec un brin d’humour le syndrome de Caliméro, un sentiment persistant d’injustice, l’impression que tout est plus difficile pour lui que pour les autres, et une tendance à se plaindre, encore et encore. Derrière ce comportement, se cache rarement un simple « caprice ». Un enfant qui se plaint tout le temps exprime avant tout un mal-être, une fatigue émotionnelle ou un sentiment d’impuissance face à ce qu’il vit. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le syndrome de Caliméro et des principales clés pour aider votre enfant à le surmonter.
Pourquoi certains enfants se plaignent-ils autant ?
Tous les enfants traversent des moments de frustration, mais chez certains, la plainte devient presque un mode de fonctionnement. Chaque situation est vécue comme injuste, chaque contrainte comme une épreuve insurmontable.
Ce réflexe n’est pas inné. Il se construit peu à peu, souvent à partir d’un sentiment d’impuissance. L’enfant a le sentiment que les choses lui arrivent sans qu’il puisse agir, que les efforts ne servent à rien, que la vie est contre lui. À force de vivre les situations comme subies, l’enfant développe une posture intérieure de victime : « Pourquoi essayer puisque ça ne marche jamais ? »
Que faire mon aider l’enfant à être moins négatif ?
Un enfant qui se plaint cherche avant tout à être entendu. Derrière les plaintes répétées, il y a souvent :
- une fatigue émotionnelle,
- un manque de confiance en ses capacités,
- une difficulté à gérer la frustration,
- ou le sentiment de ne pas être reconnu dans ses efforts.
Le problème est que plus nous essayons de faire taire les plaintes (« arrête de te plaindre », « il y a pire que toi »), plus celles-ci ont tendance à s’intensifier. L’enfant ne réagit pas ainsi par provocation, mais parce que le message de fond n’a pas été reçu. Voici 5 clés pour accompagner l’enfant différemment :
Accueillir avant de vouloir corriger
La première étape pour aider un enfant à sortir du syndrome de Caliméro peut sembler contre-intuitive ? Il s’agit d’accueillir les ressentis de l’enfant : « Je vois que tu trouves ça injuste. », « Tu es vraiment déçu, là. » Valider ne signifie pas être d’accord, mais reconnaître ce qu’il ressent. Un enfant qui se sent compris est déjà un peu moins seul face à ce qu’il vit.
L’aider à sortir du rôle de victime
Un enfant enfermé dans la plainte a souvent du mal à percevoir son propre pouvoir d’action. Il subit, attend et se décourage. Votre rôle en tant que parent consiste alors à l’aider à déplacer son regard :
- de ce qu’il n’a pas vers ce qu’il peut faire,
- de ce qui lui arrive vers ce sur quoi il a prise.
Vous pouvez par exemple l’aider à remplacer « Ce n’est jamais moi qui réussis » par « Qu’est-ce que tu pourrais essayer autrement cette fois-ci ? » Ce déplacement est subtil mais essentiel car il permet à l’enfant de redevenir peu à peu acteur de sa vie.
Changer son discours intérieur
Les enfants qui se plaignent beaucoup ont souvent un discours intérieur très dur envers eux-mêmes. Ils se définissent à travers leurs difficultés. Lui dire « Tu n’y arrives pas encore » plutôt que « Tu n’y arrives pas » l’aidera à changer de perspective. Ces nuances dans le langage utilisé, en apparence minimes, modifient profondément la perception que l’enfant a de lui-même. Elles lui permettent de comprendre que la difficulté n’est pas une fatalité, mais une étape. Peu à peu, le discours intérieur change et, avec lui, la négativité perd de son intensité.
Valoriser l’effort plutôt que le résultat
Un enfant qui se plaint beaucoup est souvent un enfant qui associe sa valeur à la réussite immédiate. S’il échoue, il se sent nul. S’il réussit, il craint de ne pas y arriver aussi bien la prochaine fois. L’aider à valoriser le chemin parcouru lui permettra de :
- retrouver le goût d’essayer,
- ne pas baisser les bras au premier obstacle,
- comprendre que l’effort a de la valeur, même quand le résultat n’est pas parfait.
La valorisation positive est une base essentielle pour sortir de la plainte chronique.
Montrez l’exemple
Les enfants apprennent avant tout en nous observant. Notre manière de parler des difficultés, des conflits, des imprévus, des frustrations du quotidien n’est jamais anodine et constitue pour eux un modèle puissant. En disant à voix haute : « Je suis contrariée, mais je vais chercher une solution » ou « Ce n’est pas ce que j’avais prévu, mais je peux m’adapter » montre à votre enfant que la vie n’est pas toujours juste, mais qu’elle n’est pas pour autant figée. L’optimisme, ici, ne consiste pas à nier les difficultés, mais à ne pas s’y enfermer.
Sortir du syndrome de Caliméro : un chemin progressif
On ne sort pas du syndrome de Caliméro en quelques jours, mais grâce à l’aide et au soutien de son entourage, chaque enfant peut transformer sa relation aux difficultés et développer une vision plus positive de la vie et de lui-même.
Par Elena Goutard, coach parental : Parentalité bienveillante – coaching sommeil – thérapie individuelle et familiale
Besoin d’être accompagné(e) ?
Si votre enfant se plaint tout le temps et que cela pèse sur votre quotidien familial, un accompagnement parental peut vous aider à comprendre ce qui se joue et à soutenir votre enfant plus efficacement. J’accompagne les parents qui souhaitent aider leur enfant à sortir de la posture de victime et à dépasser le découragement et le sentiment d’injustice pour développer plus de confiance en soi et plus de sécurité intérieure. Toutes les infos et prises de rdv sur mon site.




