Votre enfant arrête son puzzle au bout de deux minutes, dit « c’est nul » avant même d’avoir essayé, invente mille raisons pour ne pas faire son exercice de maths ? Et vous, vous vous demandez s’il manque de volonté… ou si c’est de votre faute. Bonne nouvelle : ce n’est ni l’un, ni l’autre ! La persévérance chez l’enfant ne se commande pas. Elle se construit — et dans cet article, je vous explique comment.
Quand l’effort devient l’ennemi numéro un
« Je comprends pas pourquoi il abandonne tout ! », me racontait la semaine dernière Nathalie*, maman de Théo, 9 ans. « Il est super intelligent, mais dès que quelque chose lui résiste, c’est la catastrophe. Il s’énerve, il dit que c’est nul, qu’il y arrivera jamais… Et 5 minutes après, il est capable de monter un Lego ultra-complexe sans sourciller ! »
Vous aussi, vous avez votre version de Théo à la maison ? Ce petit être capable de prouesses incroyables dans certains domaines, mais qui se transforme en « chiffon mouillé » dès que quelque chose ne vient pas facilement ? Rassurez-vous : derrière ce comportement, il y a une explication, et elle est bien plus nuancée qu’un simple « manque de motivation ».
Les signes que votre enfant manque de persévérance (vous en reconnaîtrez sûrement !)
Les stratégies d’évitement des enfants qui baissent les bras sont souvent très… créatives. Vous en reconnaîtrez peut-être quelques-unes :
- Il « a mal au ventre » juste au moment de faire les devoirs
- Il remet à demain ce qu’il pourrait faire aujourd’hui (« j’ai le temps, je ferai ça après »)
- Il dit « c’est nul » ou « c’est trop facile » pour une activité… qu’il n’a pas encore vraiment essayée
- Il préfère arrêter de jouer plutôt que de risquer de perdre
- Il décrète qu’il « est nul » en sport / en dessin / en maths après une seule tentative ratée
- Il tourne en rond, fait semblant de chercher son matériel, bref : il fait tout sauf la chose en question
Ce qui se cache vraiment derrière le « je veux pas »
Avant de chercher des solutions pour développer la persévérance de votre enfant, prenons un instant pour comprendre ce qui se passe dans sa tête. Parce que derrière chaque « je veux pas », il y a toujours une vraie raison.
La peur de l’échec (et de ses conséquences)
Pour beaucoup d’enfants, ne pas essayer, c’est une façon de ne jamais échouer. « Si je n’essaie pas, je ne peux pas rater. » C’est une logique implacable, même si elle est un peu tordue 😄 ! Derrière cette stratégie se cache souvent une image de soi fragile : je suis quelqu’un qui réussit, alors surtout, ne testons pas les limites de cette croyance.
Le cas particulier des enfants à qui tout réussit facilement
C’est peut-être la cause la plus surprenante, et pourtant l’une des plus fréquentes : certains enfants ont tellement l’habitude de comprendre vite, d’apprendre sans effort, que la moindre résistance devient… un choc. Ressentir de la difficulté, pour eux, c’est vécu comme un signal d’alarme : quelque chose ne va pas. Je ne suis plus « le bon ». Je dois fuir.
Ces enfants n’ont pas développé le muscle de la persévérance, tout simplement parce qu’ils n’en ont jamais eu besoin. Alors quand la vie leur présente enfin un vrai obstacle — une leçon difficile, un sport nouveau, un ami compliqué — ils ne savent pas quoi faire de cet inconfort. Et ils font ce que font tous les humains face à l’inconfort : ils évitent.
Le manque d’expériences de « presque réussi »
La persévérance, ça s’apprend. Et pour l’apprendre, il faut avoir vécu des moments où on a galéré… et où on a fini par y arriver. Si un enfant n’a pas assez de ces expériences dans son répertoire émotionnel, il n’a tout simplement pas les ressources pour se dire « ça va aller, j’y arriverai ».
La pression (perçue ou réelle) autour de la performance
Quand un enfant sent — consciemment ou pas — que sa valeur dépend de ses résultats, l’échec devient une menace existentielle. Et face à une menace existentielle, on fuit. Logique, non ?
5 clés concrètes pour aider votre enfant à développer sa persévérance
La bonne nouvelle, c’est qu’on peut vraiment aider nos enfants à muscler cette fameuse persévérance. Pas en les forçant à « faire des efforts » (merci, on connaît le résultat 🙈), mais en changeant certaines choses dans la façon de les accompagner.
1. Normalisez l’inconfort (pour de vrai !)
La prochaine fois que votre enfant dit « c’est trop dur », essayez de répondre : « Oui, je vois que c’est difficile. C’est normal de trouver ça dur au début ! » Pas besoin d’en faire trop. Juste valider que la difficulté est réelle, et… normale. Cette petite phrase change tout pour un enfant qui croit que ne-pas-comprendre-tout-de-suite est une catastrophe.
2. Parlez de vos propres galères (vécues et surmontées !)
« Tu sais, moi aussi au début je ne savais pas faire ça. Et j’ai dû m’y reprendre plein de fois. » Les enfants ont besoin de voir que les adultes qu’ils admirent ont aussi trébuché. C’est leur plus beau modèle de persévérance.
3. Célébrez le processus, pas uniquement le résultat
Au lieu de « Bravo, tu as eu 18 ! », essayez « Bravo, tu as continué même quand c’était difficile ! » L’objectif : que l’enfant comprenne que l’effort lui-même a de la valeur, indépendamment du résultat. C’est ce qu’on appelle le growth mindset — et ça change vraiment la donne sur le long terme.
4. Découpez la montagne en petits cailloux
Une tâche qui semble insurmontable devient beaucoup plus abordable quand on la divise en étapes minuscules. « On ne fait que les deux premières lignes » ou « juste 5 min, et après tu peux faire une pause »… Ces petits arrangements permettent à l’enfant d’engranger des micro-victoires et de reconstruire sa confiance en lui.
5. Laissez-le vivre des expériences de « je n’ai pas abandonné »
Jeu de société un peu difficile, recette qui ne marche pas du premier coup, puzzle trop grand pour lui… Créez des occasions où la difficulté est au rendez-vous et où il peut la surmonter. Chaque petite victoire après une vraie résistance est un dépôt dans sa banque de persévérance.
Un enfant qui abandonne n’est pas un enfant paresseux
Un enfant qui abandonne facilement n’est pas un enfant sans volonté. C’est souvent juste un enfant qui n’a pas encore appris que l’inconfort est temporaire, et que la fierté d’avoir persévéré vaut bien quelques minutes de galère. Et vous, parents, vous avez déjà ce qu’il faut pour l’accompagner là-dedans : votre propre expérience de la vie, avec ses hauts, ses bas, et toutes les fois où vous avez continué malgré tout. Il suffit parfois de le lui montrer.
Par Elena Goutard, coach parental, thérapeute familiale et spécialiste du sommeil bébé et enfant
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*Tous les prénoms ont été modifiés.
Je reçois les parents en visio et à mon cabinet en région parisienne. Pour réserver une séance ou échanger avec moi sur vos difficultés familiales, rdv sur mon site : www.elena-goutard.com




