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Frères et sœurs qui se chamaillent : comment apaiser les conflits dans la fratrie

Les conflits entre frères et sœurs sont non seulement fréquents, ils sont naturels, et même nécessaires. Il n’est jamais simple de partager un espace, des parents et un quotidien avec quelqu’un H24, surtout quand on est encore trop jeune pour se mettre à la place de l’autre, pour partager sans difficulté, pour résoudre un désaccord sans hausser le ton ou lever la main. Je me souviens d’une époque où avec mes 4 garçons, nous ne passions pas une journée sans qu’une dispute n’éclate pour une raison qui, vue de l’extérieur, pouvait sembler totalement dérisoire : Qui s’assoit à côté de qui dans la voiture ? Qui a eu le dernier yaourt ou le dernier morceau de pain ? Qui a « regardé bizarrement » l’autre. Si vous reconnaissez ce quotidien, sachez que les disputes ne sont pas des signes que vous avez raté quelque chose. Cela montre juste que vous avez plusieurs enfants qui grandissent ensemble. Et la bonne nouvelle, c’est que cette friction quotidienne, aussi épuisante soit-elle pour nous, les parents, est aussi une formidable école de la vie pour eux. ☺️

Pourquoi se disputent-ils autant ?

Avoir des frères et sœurs, c’est avoir un compagnon de jeu disponible à toute heure, quelqu’un avec qui partager des fous rires et des bêtises mémorables. Mais c’est aussi, inévitablement, partager l’attention et l’affection de papa et maman, se comparer sans cesse à l’autre, et traverser des vagues de frustration et d’injustice. Cette ambivalence-là, je la vois tous les jours dans mes séances : des enfants qui s’adorent et qui se chamaillent dans la même heure, parfois dans la même minute.

C’est un peu comme les lionceaux qui apprennent à chasser et à se défendre en jouant avec leurs frères de portée. Grandir dans une fratrie permet à l’enfant de développer, dans le cadre rassurant de la famille, des compétences émotionnelles et relationnelles qu’il ne pourra acquérir nulle part ailleurs aussi sereinement. Ce terrain d’apprentissage compte vraiment : certaines études estiment que les enfants passent environ 35 % de leur temps avec leurs frères et sœurs, davantage qu’avec leurs parents ou même leurs amis. Ces relations façonnent en grande partie la personnalité de l’enfant, sa confiance en lui et son bien-être futur.

Alors, que pouvons-nous faire, concrètement, pour favoriser une bonne entente entre nos enfants ? Voici 5 pistes qui, dans mon expérience aussi bien personnelle que professionnelle, font une vraie différence. Je vous suggère de ne pas les attaquer toutes en même temps : choisissez celle qui vous parle le plus, pratiquez-la pendant une semaine, puis ajoutez la suivante. Au bout de 5 semaines, ces réflexes seront ancrés durablement dans vos habitudes, et le côté progressif vous permettra de le faire sans trop d’efforts.

1. Commencez par observer votre propre attitude

Pour apprendre à réguler leurs émotions et à gérer des conflits, nos enfants ont besoin de nous. C’est ce qu’on appelle la co-régulation émotionnelle : nos réactions influencent directement leur état intérieur. L’inverse est vrai aussi. Les émotions de deux enfants en pleine dispute peuvent nous emporter avec elles, et nous faire perdre nos propres moyens en un clin d’œil.

Observez d’abord la façon dont vous communiquez, avec vos enfants mais aussi avec votre conjoint. Votre ton est-il respectueux, même dans les moments de tension ? Savez-vous nommer votre point de vue sans hausser la voix ? Rappelez-vous que les enfants retiennent infiniment plus de ce qu’ils observent chez nous que de nos leçons de morale.

Lorsque vous sentez la patience vous échapper, accordez-vous 2 minutes pour vous isoler, respirez et essayez de vous calmer avant d’intervenir. Si la tension monte vraiment, séparez les enfants, éloignez-les l’un de l’autre, et ne revenez vers eux que lorsque vous vous sentez prêt à gérer la situation avec calme et discernement.

Je vous conseille aussi de vous méfier de votre instinct de justicier. Il nous pousse naturellement à prendre le parti de celui qui pleure, du plus jeune, du plus fragile physiquement, ou simplement de celui avec qui nous avons le plus d’affinités sur le moment. Or, dans la grande majorité des cas, nous n’avons pas vu le début de l’histoire. Mieux vaut séparer les enfants, écouter chacun à son tour en commençant par celui qui semble le plus affecté, puis, une fois le calme revenu, chercher ensemble comment éviter que la même dispute ne se reproduise.

2. Consolidez votre relation avec chacun de vos enfants

S’il fallait résumer la cause numéro un des conflits fraternels, ce serait celle-ci : l’amour parental, et la peur, souvent inconsciente, de ne pas en avoir sa juste part. Voilà pourquoi le levier le plus puissant pour apaiser une fratrie n’est pas de travailler sur la relation des enfants entre eux, mais sur votre lien avec chacun d’eux individuellement.

Essayez d’offrir à chacun des enfants de petits moments d’attention, ceux qui ne demandent pas beaucoup d’efforts mais qui montrent à chacun qu’il compte pour vous : une main posée sur la tête du cadet pendant que vous aidez l’aîné à faire ses devoirs, 2 mots échangés avec votre ado pendant que vous donnez le repas au plus petit, un bisou volé dans l’escalier, un sourire en croisant son regard à table. Chez nous, avec 4 garçons, j’ai appris à saisir ces fenêtres minuscules plutôt qu’à attendre le moment parfait qui n’arrive jamais. Notre objectif en tant que parent est de faire en sorte que chaque enfant sente, sans l’ombre d’un doute, qu’il occupe une place unique dans notre cœur. Plus notre lien avec chacun d’eux sera solide, plus naturellement ils s’entendront entre eux.

3. Cultivez le positif dans leurs interactions

Créez des occasions où vos enfants peuvent se rapprocher et savourer la présence de l’autre. Si l’écart d’âge est important, proposez à l’aîné de prendre soin du petit, de participer aux soins, aux repas, au bain : on sous-estime souvent à quel point les grands sont capables de bienveillance envers leurs cadets, pour peu qu’on leur fasse confiance.

Quel que soit l’âge ou le nombre d’enfants, multipliez les moments de plaisir partagé : repas en famille sans écran, soirées jeux où toute la fratrie affronte les parents, batailles de polochons qui finissent en fou rire général, parties de cache-cache où petits et grands se cherchent. Chez moi, ce sont souvent les sorties improvisées en extérieur qui font le plus d’effet : dehors, dans le mouvement, les tensions du quotidien s’évaporent plus facilement qu’à la maison.

4. Donnez-leur les mots et les gestes, plutôt que les interdits

Les enfants manquent de maturité pour résoudre seuls un conflit, ce qui n’a rien d’étonnant : combien d’adultes en sont eux-mêmes incapables ? Plutôt que de s’énerver en énumérant ce qu’il ne faut pas faire, il est important de prendre le temps de leur montrer, avec calme et douceur, comment faire, comment parler, comment interagir avec respect. Au lieu de crier « Rends-lui ce jouet ! », on peut dire : « C’est le jouet de ton frère. Demande-lui si tu peux l’emprunter quelques minutes. » La différence semble minime, mais répétée jour après jour, elle change tout. Ces enseignements, transmis avec patience et bienveillance, apprennent aux enfants à se respecter l’un l’autre et à bien communiquer, des compétences qui les serviront bien au-delà du cercle familial, à l’école, entre amis, et plus tard dans leur vie d’adulte.

5. Posez un cadre clair et stable

Dans les familles où l’organisation autour des jouets, des tâches et des responsabilités est claire, les disputes sont nettement moins fréquentes. Les enfants ont un sens de la justice particulièrement aiguisé, et ils coopèrent bien plus volontiers lorsque les règles sont connues de tous et appliquées avec constance. La famille fonctionne comme une petite communauté, et comme dans toute communauté, des repères communs sont indispensables.

Ces règles se construisent d’abord entre vous et votre co-parent, avant d’être transmises aux enfants, qui peuvent eux-mêmes être associés à leur élaboration s’ils sont assez grands. Réfléchissez ensemble aux responsabilités de chacun dans les espaces communs, au partage des jouets et des affaires (dans quelles conditions, pour combien de temps, comment formuler une demande d’emprunt), et à la façon dont vous souhaitez que la communication circule dans la maison. Sur ce dernier point, montrez l’exemple en parlant avec respect à votre partenaire et à vos enfants, et acceptez de répéter, encore et encore, vos attentes envers eux. La répétition n’est pas un échec pédagogique, c’est simplement ainsi que les enfants apprennent.

Pensez aussi à offrir à chacun un véritable espace à soi, une chambre ou, à défaut, un coin bien délimité dans une chambre partagée. C’est le refuge où l’enfant pourra se retirer après une journée difficile, lorsque le bruit de la maison deviendra trop difficile à supporter, ou simplement pour jouer seul en paix. C’est aussi, souvent, l’endroit où vous l’inviterez à aller respirer lorsqu’une dispute devra être désamorcée.

A retenir

Accompagner les interactions entre les enfants de la même fratrie est un travail de longue haleine qui demande beaucoup d’amour et de patience, mais qui porte ses fruits bien au-delà de la paix retrouvée dans le salon. Les enfants qui grandissent dans un cadre clair, porté par une relation solide avec leurs parents, ne se disputent pas seulement moins : ils se sentent plus en sécurité, plus apaisés, et abordent la vie en collectivité, à l’école comme plus tard en société, avec bien plus de facilité.

Par Elena Goutard, coach parentale et thérapeute familiale – coaching parental – sommeil bébé et enfant – thérapie familiale et individuelle

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Bonjour, je suis Elena

Coach parentale et thérapeute familiale, j’aide les parents à surmonter les défis du quotidien et à créer une relation épanouissante avec leurs enfants. À travers mes articles, je partage des conseils et des outils pour vous guider dans cette aventure.

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