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Mon enfant ne m’écoute pas : et s’il ne faisait pas exprès ?

« Je lui demande de mettre ses chaussures et il ne bouge pas. »

« J’ai l’impression qu’il ne m’entend même pas quand je lui parle. »

« Je dois répéter 10 fois la même chose ! »

Si vous avez des enfants, il y a de fortes chances que vous ayez déjà vécu ce genre de situations. Lorsqu’on a l’impression de parler dans le vide, que notre enfant continue son activité malgré nos demandes, ou qu’il semble systématiquement faire l’inverse de ce qu’on lui demande, il est normal de ressentir de l’agacement. Pourtant, dans la plupart des cas, ce que nous interprétons comme un refus d’écouter n’est pas vraiment de la mauvaise volonté. Dans cet article, je vous aide à comprendre ce qui se cache derrière le comportement d’un enfant qui « n’écoute pas » et vous propose des solutions concrètes pour apaiser les résistances et les tensions au quotidien.

Pourquoi mon enfant ne m’écoute pas ?

Il ne vous entend vraiment pas

Les enfants peuvent être particulièrement absorbés par ce qu’ils sont en train de faire. Leur attention est encore en développement et lorsqu’ils sont très concentrés, ils peuvent avoir beaucoup de mal à déplacer volontairement cette attention vers autre chose.

Nous, adultes, avons appris à garder « une oreille » ouverte pendant que nous faisons autre chose. L’enfant lui n’a pas encore cette capacité. Votre voix devient alors un bruit de fond, au même titre que la télévision ou la circulation dehors : un son qui existe, mais qui n’est pas traité comme une information qui le concerne.

C’est la raison pour laquelle répéter une consigne depuis une autre pièce ne fonctionne pas toujours très bien. Vous pouvez alors avoir l’impression qu’il vous ignore délibérément alors qu’en réalité, il n’a tout simplement pas écouté votre demande. Autrement dit, votre enfant n’est pas en train de vous désobéir, il est tout simplement ailleurs.

Son cerveau ne traite pas les informations à la même vitesse que le vôtre

Nous demandons parfois à nos enfants des choses qui nous semblent extrêmement simples : « Arrête de jouer et viens mettre tes chaussures. »

Pour nous, cette demande paraît évidente. Mais pour un jeune enfant, elle implique toute une succession d’étapes : entendre la consigne, comprendre ce qu’on lui demande, interrompre son activité, accepter cette interruption, réfléchir à ce qu’il doit faire ensuite, puis se mettre en mouvement.

C’est encore plus compliqué lorsqu’il s’agit de passer d’une activité agréable à une activité moins plaisante. Nous, adultes, sommes capables de mettre de côté ce que nous sommes en train de faire parce que nous savons que c’est nécessaire. Un enfant peut, lui, avoir beaucoup plus de mal à effectuer cette transition.

« Comprendre une consigne et être capable d’y répondre sont deux choses différentes.« 

La résistance peut aussi être une manière d’obtenir votre attention

Voici une situation très classique :

Vous demandez à votre enfant de mettre son pyjama. Il ne réagit pas. Vous répétez. Toujours rien. Vous insistez. Vous vous rapprochez. Vous commencez à négocier. Puis vous finissez par vous énerver.

Et soudain, votre enfant réagit comme par magie : il vous regarde, répond, argumente, discute, négocie… En quelques minutes, le refus est devenu un formidable déclencheur d’interaction.

Cela ne signifie pas que votre enfant vous manipule consciemment pour obtenir votre attention. Les choses sont beaucoup plus subtiles que cela. Mais les enfants apprennent très vite quelles attitudes provoquent une réaction de leur entourage. Si, chaque fois qu’il résiste, il obtient dix minutes de votre pleine attention, son cerveau peut progressivement associer résistance et connexion.

Cela peut être particulièrement présent chez un enfant qui a besoin de davantage de lien, qui vit une période de changement ou qui a simplement l’impression que les moments où ses parents sont pleinement disponibles pour lui sont rares.

La fatigue peut rendre la coopération beaucoup plus difficile

Il y a aussi un élément que l’on oublie facilement : un enfant fatigué n’a pas les mêmes capacités qu’un enfant reposé. À 8h du matin, il peut enfiler ses chaussures sans difficulté. À 18h30, après l’école, les activités, les frustrations de la journée et une multitude de sollicitations, la même demande peut déclencher une opposition monumentale.

Ce n’est pas forcément parce qu’il a décidé que ce soir, il allait vous rendre folle. C’est juste que ses ressources sont simplement plus faibles.

La consigne est parfois trop vague ou trop complexe

« Range ta chambre. » En tant qu’adultes, cette phrase nous paraît parfaitement claire. Pourtant, pour un jeune enfant, elle peut représenter une tâche énorme et surtout très abstraite : Par quoi commencer ? Que faut-il ranger ? Où vont les jouets ? Que fait-on des dessins ? Et les vêtements ?

Lorsque nous sommes face à une consigne qui nous semble évidente mais qui ne l’est pas pour notre enfant, nous pouvons rapidement conclure qu’il ne fait aucun effort.

D’autres pistes à creuser

En plus de la fatigue et de la faim, qui réduisent drastiquement les capacités d’écoute de n’importe quel enfant (et de n’importe quel adulte, d’ailleurs), je vous conseille de regarder aussi du côté du tempérament : certains enfants ont une volonté propre plus affirmée dès la naissance, et ce n’est pas un défaut à corriger mais plutôt une force à accompagner. Jetez un œil aussi du côté de la relation : un enfant qui sent le lien fragilisé, qui a l’impression de devoir « mériter » l’attention de son parent, peut développer une résistance générale, presque défensive, à toute demande venant de lui.

Mon enfant ne m’écoute pas : ce qu’on peut faire concrètement

Si vous vous dites régulièrement « Mon enfant ne m’écoute pas », la solution n’est pas forcément de répéter davantage, de parler plus fort ou de multiplier les sanctions. Il s’agit avant tout de rendre la coopération plus accessible à votre enfant, en tenant compte de son âge, de son niveau de fatigue, de son attention et de ses capacités encore en construction.

Voici quelques pistes simples à essayer au quotidien.

1. Approchez-vous avant de donner une consigne

Si votre enfant joue dans sa chambre, évitez de lui parler depuis le salon en espérant qu’il vous entende. Allez jusqu’à lui, appelez-le par son prénom, mettez-vous à sa hauteur et attendez qu’il soit disponible avant de parler. Vous pouvez même poser doucement une main sur son épaule pour renforcer ce sentiment de connexion.

La connexion précède toujours la coopération.

2. Donnez une seule consigne à la fois

« Va mettre tes chaussures, prends ton manteau, range tes jouets et viens dans l’entrée. » Pour nous, cette phrase semble parfaitement compréhensible. Pour un jeune enfant, elle représente une succession d’informations à traiter.

Préférez une demande à la fois :

« Va chercher tes chaussures. »

Puis, lorsqu’il revient :

« Maintenant, prends ton manteau. »

Plus l’enfant est jeune, plus les consignes simples et concrètes sont efficaces.

3. Laissez-lui quelques secondes pour répondre

Nous avons souvent tendance à répéter ou à nous énerver immédiatement lorsque notre enfant ne réagit pas : « Mets tes chaussures. Tu m’as entendue ? Mets tes chaussures ! Je t’ai demandé de mettre tes chaussures !!! »

Or votre enfant est peut-être simplement en train de traiter l’information.

Après avoir donné votre consigne, essayez de laisser un petit temps de latence avant de répéter. Ces quelques secondes sont souvent nécessaires pour lui permettre de passer de « j’ai entendu » à « je fais ce qu’on me demande ».

4. Préparez les transitions

Passer brutalement de « tu joues tranquillement » à « on part maintenant » est très difficile pour les enfants (et même pour nous, les adultes). Lorsque c’est possible, prévenez votre enfant :

« Dans 5 min, on va mettre les chaussures. »

Puis :

« Encore deux minutes et on arrête. »

Et enfin :

« C’est le moment de ranger. »

Ces petits repères lui permettront de quitter progressivement son activité et de se préparer mentalement à la suivante.

5. Rendez vos demandes concrètes

« Range tes jouets » peut sembler évident pour un adulte, mais pas nécessairement pour un enfant.

Remplacez les consignes abstraites par des micro-tâches très précises : « On met les Lego dans la boîte. Les livres vont sur l’étagère. Bravo mon cœur ! »

En procédant ainsi, vous aiderez votre enfant à organiser une tâche qu’il n’est pas encore capable de structurer seul.

6. Vérifiez qu’il a bien compris

Avec un jeune enfant, il peut être utile de vérifier simplement ce qu’il a entend et compris la consigne : « Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

S’il répond : « Je mets mes chaussures », vous savez que la consigne a bien été enregistrée.

Cela permet aussi d’éviter de multiplier les répétitions alors que le problème venait simplement d’une incompréhension.

7. Parlez moins et accompagnez davantage

Lorsque l’enfant ne coopère pas, les parents ont souvent le réflexe d’ajouter des explications :

  • « Allez, dépêche-toi. »
  • « Je t’ai déjà demandé 3 fois. »
  • « Tu sais très bien que tu dois le faire. »
  • « Combien de fois faut-il que je te le dise ? »

Mais lorsque l’enfant est déjà saturé, ces paroles supplémentaires ne l’aident pas forcément. Essayez parfois l’inverse : moins de mots, plus de présence.

« Tu as du mal à arrêter ton jeu. Je vais t’aider. On commence par ranger ces deux voitures. » Vous l’accompagnez ainsi dans l’action plutôt que d’exiger simplement l’obéissance.

8. Offrez-lui de l’attention

Si vous remarquez que votre enfant devient particulièrement opposant, demandez-vous s’il ne cherche pas simplement à retrouver un peu de connexion. Quelques minutes d’attention véritable peuvent faire une grande différence : jouer 5 minutes avec lui, discuter, lire une histoire, lui demander de vous raconter ce qu’il faisait, rigoler ensemble…

Un enfant qui se sent suffisamment connecté n’a pas besoin de provoquer une interaction pour l’obtenir.

9. Tenez compte de son état du moment

Avant de conclure que « mon enfant ne m’écoute pas », regardez aussi le contexte : Est-il fatigué ? A-t-il faim ? La journée a-t-elle été particulièrement chargée ? A-t-il déjà dû faire de nombreux efforts au cours de la journée ?

La même consigne peut être facile à suivre à 10 heures du matin et extrêmement difficile à 19 heures. Adapter vos attentes à son état ne signifie pas être laxiste. Cela signifie tenir compte de ses ressources réelles.

Mon enfant ne m’écoute pas : un petit mot de la fin

Aucun enfant ne ressemble à un autre et aucune astuce ne marchera peut-être à tous les coups. Mais il y a une chose qui peut vraiment changer la situation : cesser de voir le « il ne m’écoute pas » comme un refus volontaire et chercher ce qui se joue derrière son comportement.

La prochaine fois que vous aurez l’impression de parler dans le vide, avant de répéter encore une fois votre consigne, essayez de vous demander : Est-ce qu’il m’a vraiment entendue ? A-t-il compris ce que j’attends de lui ? Est-il capable, à cet instant, de faire ce que je lui demande ? A-t-il besoin de temps, de proximité ou simplement d’un peu plus de connexion avec moi ?

Derrière un enfant qui ne coopère pas, il n’y a pas toujours un enfant qui cherche à nous défier. Il y a souvent juste un petit être dont les capacités sont encore en construction. Changer notre regard sur son comportement suffit souvent à changer notre façon de lui parler… et donc sa façon de nous répondre.

Par Elena Goutard, coach parental et thérapeute. Infos et prises de rdv sur mon site.

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Bonjour, je suis Elena

Coach parentale et thérapeute familiale, j’aide les parents à surmonter les défis du quotidien et à créer une relation épanouissante avec leurs enfants. À travers mes articles, je partage des conseils et des outils pour vous guider dans cette aventure.

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