Blog

Le regard des autres vous fait douter de vous en tant que parent ? Comment retrouver confiance.

Il y a une chose qui m’a toujours fascinée dans mon rôle de maman : à quel point certaines personnes semblaient savoir mieux que moi ce qui était bon pour mes enfants.

Cela a commencé très tôt. Dès la maternité, les conseils pleuvaient : « Ne le prends pas trop dans tes bras, tu vas l’habituer. » « S’il pleure, c’est que tu n’as pas assez de lait. » « Ton lait n’est peut-être pas assez nourrissant. » Puis, plus tard : « C’est juste un caprice, tu ferais mieux de l’ignorer. » « Tu joues trop avec lui, tu devrais lui apprendre à être autonome. » « Tu es trop gentille. » « Tu devrais être plus ferme. »

Et quand on est jeune parent, en plein post-partum, physiquement épuisé, émotionnellement à fleur de peau et déjà en train de se demander si l’on fait les choses correctement, ces remarques peuvent faire beaucoup plus de mal qu’on ne l’imagine.

Pourquoi le regard des autres nous touche-t-il autant en tant que parent ?

Devenir parent nous place dans une situation de grande vulnérabilité. Nous avons soudain la responsabilité d’un petit être qui dépend entièrement de nous et nous voulons naturellement faire au mieux. Alors, lorsqu’une personne remet en question notre façon de faire, ce n’est pas toujours simplement son opinion que nous entendons.

Derrière un banal « tu devrais faire ceci ou cela », une petite voix intérieure s’allume : Et si elle avait raison ? Et si je faisais n’importe quoi ? C’est mon 1er alors qu’elle en a eu 3, elle doit savoir de quoi elle parle…

Cette peur du jugement ne naît d’ailleurs pas forcément avec la parentalité. Elle peut prendre racine beaucoup plus tôt.

La peur du jugement peut venir de notre enfance

Certains d’entre nous ont grandi avec l’idée qu’il fallait être sage, faire plaisir, répondre aux attentes des autres ou ne pas décevoir. Très tôt, nous avons appris à observer les réactions des autres pour savoir si nous faisions les choses « bien », à rechercher l’approbation, à tenter d’éviter le conflit ou la critique.

Ces réflexes peuvent rester présents à l’âge adulte. Et lorsque nous devenons parents, ils trouvent un terrain particulièrement favorable pour se manifester, car il existe peu de domaines dans lesquels nous sommes autant exposés aux opinions, aux comparaisons et aux injonctions.

Il y a toujours quelqu’un pour nous expliquer comment nourrir notre bébé, comment le coucher, comment le consoler, comment gérer ses colères, comment inculquer les règles ou favoriser l’autonomie.

Le souci : à force d’entendre toutes ces voix, il peut devenir difficile de savoir ce que nous, nous pensons réellement.

Derrière le regard des autres, il y a parfois une histoire plus ancienne

Lorsque la peur du jugement devient très forte, il peut être intéressant d’aller un peu plus loin que la simple remarque reçue. Pourquoi cette opinion me bouleverse-t-elle autant ? Pourquoi ai-je autant besoin que cette personne approuve mes choix ? Pourquoi est-ce si difficile pour moi de faire différemment ?

Parfois, les réactions du présent réveillent des expériences beaucoup plus anciennes : la peur de décevoir, d’être rejeté, de ne pas être à la hauteur ou de « mal faire ».

La parentalité peut alors devenir l’occasion de rencontrer ces vieux réflexes et, progressivement, de s’en libérer.

Pourquoi certaines critiques nous touchent-elles plus que d’autres ?

Le problème n’est pas d’écouter les conseils de son entourage. Nous avons tous besoin, à certains moments, d’un regard extérieur, d’une expérience ou d’un conseil. Le problème commence lorsque nous ne faisons plus nos choix en fonction de ce qui nous semble juste pour notre famille, mais en fonction de ce que les autres risquent de penser.

On peut alors se mettre à se surveiller en permanence : Est-ce que je suis trop permissive ou trop stricte ? Est-ce que je le prends dans les bras trop souvent ? Est-ce que je le rends trop dépendant ? Est-ce que je devrais le laisser se débrouiller seul ?

Et parfois, cette surveillance finit par nous faire perdre quelque chose de super précieux : le plaisir d’être avec son enfant. Pourquoi ? Parce qu’au lieu d’être simplement présent, on observe, on compare, on doute et on se demande si ce que l’on fait correspond à ce que l’on « devrait » faire.

La parentalité peut alors devenir une sorte d’examen permanent dont on attendrait, sans jamais l’obtenir, la validation des autres.

Comment avoir davantage confiance en ses choix parentaux ?

Personne ne connaît votre enfant comme vous

Cela ne signifie évidemment pas que tous les conseils sont mauvais. Certains peuvent même être très utiles. Mais un conseil reste un conseil, et il ne devrait pas nous priver de notre capacité à réfléchir, à observer et à décider par nous-mêmes.

Votre entourage peut avoir de l’expérience. Il peut avoir élevé plusieurs enfants, travaillé auprès d’eux ou simplement avoir beaucoup lu sur le sujet. Mais personne n’a vécu l’intimité de votre histoire avec votre enfant.

Personne ne connaît votre quotidien, votre relation, vos observations, vos inquiétudes, vos moments de complicité, vos difficultés et tout ce que vous avez appris à connaître de lui au fil des années.

Vous pouvez donc écouter un conseil sans nécessairement le suivre. Vous pouvez aussi considérer qu’il est pertinent pour quelqu’un d’autre, mais pas pour vous. Et surtout, vous pouvez faire différemment sans être un mauvais parent.

Apprendre à supporter de ne pas plaire

S’affranchir du regard des autres ne signifie pas devenir complètement indifférent à ce que les autres pensent. Nous sommes des êtres sociaux. Le jugement ou le désaccord peuvent naturellement nous toucher.

L’enjeu est plutôt de ne plus laisser systématiquement ce regard décider à notre place.

Une question peut d’ailleurs être particulièrement utile lorsque vous vous sentez déstabilisé par une remarque :

« Est-ce que je pense réellement que je fais quelque chose de mal, ou est-ce que j’ai simplement peur que quelqu’un pense que je fais quelque chose de mal ? »

La nuance est importante, parce que parfois ce qui nous fait changer de comportement n’est pas notre conviction que nous devons faire autrement, mais notre peur d’être jugé. Et apprendre à tolérer le désaccord fait partie du chemin.

Votre belle-mère peut penser que vous êtes trop souple. Votre voisin peut trouver que vous êtes trop fusionnelle avec votre enfant. Votre amie peut avoir une opinion très différente de la vôtre sur l’éducation.

Cela ne signifie pas que vous devez les convaincre. Vous pouvez simplement accepter qu’ils pensent autrement.

Revenir à son enfant plutôt qu’aux normes

Lorsque le doute s’installe, il peut être utile de revenir à quelque chose de beaucoup plus concret : votre enfant. Plutôt que de vous demander « Qu’est-ce qu’un bon parent est censé faire dans cette situation ? », essayez de vous demander : « Qu’est-ce que j’observe chez mon enfant ? De quoi semble-t-il avoir besoin ? Qu’est-ce qui fonctionne pour nous ? »

Cela vous permettra de quitter le terrain des normes pour revenir à celui de la relation. N’oubliez pas : votre enfant n’est pas un manuel d’éducation. Il a son tempérament, sa sensibilité, ses besoins, son histoire et son propre rythme. Ce qui fonctionne merveilleusement bien dans une famille peut être complètement inadapté dans une autre.

La confiance parentale ne consiste donc pas à connaître toutes les bonnes réponses. Elle consiste aussi à savoir observer, ajuster, expérimenter et parfois changer d’avis.

Et si vous n’aviez pas besoin de vous justifier ?

Une autre étape importante consiste à accepter que vous n’avez pas besoin de convaincre votre entourage de la pertinence de chacun de vos choix. Vous pouvez répondre simplement : « Merci, je vais y réfléchir. » Ou encore : « Je comprends que tu ferais différemment. Pour le moment, c’est ce qui nous convient. » Il n’est pas nécessaire d’entrer dans une longue argumentation pour avoir le droit de faire autrement. Et lorsque les remarques sont répétées ou particulièrement intrusives, poser une limite peut également être nécessaire : « Je sais que tu veux m’aider, mais j’ai besoin que tu me fasses confiance sur ce sujet. Si j’ai besoin d’un conseil, je te le demanderai. »

A retenir

La parentalité n’est pas un concours. Il n’existe pas une seule manière de faire juste, un enfant qui correspond parfaitement aux livres, ni une méthode universelle qui fonctionnerait pour toutes les familles. Vous allez parfois douter. Vous allez parfois vous tromper. Vous changerez peut-être d’avis. Vous ferez parfois différemment de ce que vous aviez imaginé. C’est normal.

Votre rôle n’est pas de faire des choix que tout votre entourage vous approuve. Votre rôle est d’apprendre, jour après jour, à connaître votre enfant davantage et de faire, grâce à ces informations, les choix qui vous semblent les plus justes. Alors peut-être que la prochaine fois que quelqu’un vous donnera un conseil que vous n’avez pas demandé, vous pourrez l’écouter sans forcément remettre en cause votre parentalité.

Au final, c’est peut-être ça devenir un parent plus libre : accepter de ne pas toujours plaire pour pouvoir enfin être pleinement soi-même avec son enfant.

Par Elena Goutard, coach parentale, thérapeute familiale et spécialiste du sommeil pour bébé et enfant

Pour échanger avec moi ou prendre un rdv en parentalité ou en thérapie familiale, vous pouvez réserver votre créneau par ici : Réservations

Articles similaires

Bonjour, je suis Elena

Coach parentale et thérapeute familiale, j’aide les parents à surmonter les défis du quotidien et à créer une relation épanouissante avec leurs enfants. À travers mes articles, je partage des conseils et des outils pour vous guider dans cette aventure.

Newsletter

Recevez toutes mes actualités

Abonnez-vous pour recevoir mes dernières actualités directement dans votre boîte mail. Articles, livres, événements : je vous partagerai de nombreuses informations pour enrichir votre parcours dans la parentalité. 

Abonnez-vous !