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« Mon bébé ne s’endort qu’au sein » : comment l’accompagner en douceur ?

23h, vous regardez ce petit corps lové contre vous, les yeux mi-clos, la bouche qui tète encore un peu pour le plaisir plus que pour la faim. Et cette pensée revient, comme chaque soir : Est-ce normal ? Faut-il que je le déshabitue ? Dois-je lui apprendre à s’endormir seul ?

Si vous êtes ici, c’est probablement parce qu’on vous a dit, suggéré, ou carrément asséné que l’endormissement au sein était une mauvaise habitude. Un piège que vous auriez créé sans le vouloir. Une dépendance à corriger avant qu’il ne soit trop tard. Je veux vous dire autre chose…

Ce que votre bébé fait, en réalité

S’endormir au sein n’est pas un dysfonctionnement. C’est exactement ce que la biologie a prévu pour tout enfant. Le lait maternel contient des hormones qui favorisent le sommeil, la succion active le système nerveux parasympathique (celui qui calme, qui apaise, qui dit au corps qu’il est en sécurité et qu’il peut se laisser aller). Ajoutez à cela l’odeur de la maman, son rythme cardiaque, sa chaleur : c’est tout simplement l’environnement d’endormissement le plus sécurisant qui existe pour un tout petit.

Le problème, ce n’est pas votre bébé. C’est l’idée qu’on s’est fabriquée d’un bébé qui devrait apprendre à s’endormir « par lui-même », comme si l’autonomie du sommeil était un objectif en soi, atteignable à tout âge et bon pour tout le monde.

Pourquoi ça devient compliqué quand même

Je ne vais pas vous dire que tout va bien si vous, vous n’allez pas bien 🥹. Si l’allaitement-endormissement vous épuise, si vous n’arrivez plus à poser ce bébé sans qu’il se réveille, si chaque sieste devient un calcul stratégique digne d’un état-major… votre fatigue est réelle, et elle compte.

Mais il y a une nuance essentielle à poser ici : le sujet n’est pas « est-ce un problème que mon bébé s’endort au sein ? ». Le sujet, c’est « est-ce que cette situation me convient, à moi, dans ma vie, avec mon énergie, mes besoins, mon corps ? ». Ce sont deux questions très différentes. La première vient de l’extérieur : des normes, des comparaisons, des conseils non sollicités. La seconde vient de vous.

Que faire si vous voulez que ça change ?

Si, maintenant que vous vous êtes posé la question en toute honnêteté, vous sentez que oui, vous avez besoin que ça évolue – pas parce qu’il le faut, mais parce que vous en avez besoin – voici ce qu’il faut savoir avant d’entreprendre quoi que ce soit :

On ne « désentraîne » pas un bébé de son besoin de lien comme on débranche une mauvaise habitude. On l’accompagne vers d’autres chemins d’apaisement, progressivement, en gardant le lien au centre.

Voici quelques conseils pour avancer sur ce chemin, en y allant en douceur et sans créer d’insécurité pour le bébé.

Dissociez progressivement la tétée et le sommeil

Commencez par allaiter un peu plus tôt dans le rituel du coucher, avant les derniers gestes d’apaisement : le bain, l’histoire, la berceuse. L’idée n’est pas de supprimer la tétée, mais de faire en sorte qu’elle ne soit plus le tout dernier geste avant l’endormissement. Petit à petit, le sein redeviendra un moment de réconfort parmi d’autres, plutôt que la seule clé qui ouvre la porte du sommeil.

Introduisez un nouvel ancrage sensoriel

Votre bébé s’endort grâce à votre odeur, votre chaleur, les battements de votre coeur… Avant de retirer le sein, donnez-lui autre chose à quoi se raccrocher : un tissu imprégné de votre odeur, un bruit blanc agréable et constant, une main posée sur sa poitrine qui reste immobile et stable. Attention : ce nouvel ancrage doit être présent avant la transition, pas introduit en même temps que vous retirez ce qui rassurait.

Laissez le temps faire son travail

Si bébé s’endort encore en tétant, essayez de le détacher doucement une fois qu’il est très somnolent mais pas encore complètement endormi, et terminez l’endormissement autrement (portage, bercement léger, voix basse). Cela demande plusieurs essais avant que ça « prenne », et c’est normal : vous êtes en train de déplacer une association profondément ancrée, pas d’appuyer sur un bouton « stop ».

Variez les personnes qui accompagnent l’endormissement

Si c’est possible, laissez un autre adulte de confiance (papa, grand-parent) prendre en charge certains endormissements, en particulier pour les siestes. Cela permettra au bébé de découvrir que l’apaisement peut venir d’ailleurs que du sein, sans que vous ayez à gérer cette dissociation vous-même à chaque fois. C’est souvent le moment le plus éprouvant émotionnellement pour une mère qui allaite.

Restez régulière dans le rituel, pas dans la méthode exacte

Bien plus que la qualité des routines, ce qui sécurise un bébé, c’est la prévisibilité des étapes : toujours le bain, puis le pyjama, puis l’histoire, puis le câlin. Un rituel stable donne à votre bébé un cadre rassurant dans lequel le changement (moins de tétée, plus d’autres apaisements) devient surmontable.

Acceptez que certaines nuits, ça ne marche pas

Une poussée dentaire, une maladie, une régression du sommeil, et vous reviendrez peut-être au sein comme valeur refuge. Rassurez-vous : ce n’est pas un échec dans le processus d’apprentissage. C’est juste un bébé qui a, ce soir-là, besoin de retrouver ce qu’il a toujours connu. Vous pourrez reprendre le chemin amorcé le lendemain.

Ce que j’aimerais que vous reteniez

En laissant votre bébé dormir au sein, vous n’avez pas créé de mauvaises habitudes. Vous avez répondu, nuit après nuit, au besoin le plus ancien et le plus universel d’un petit être humain : se sentir en sécurité avec sa figure d’attachement pour pouvoir lâcher prise et dormir paisiblement.

Si vous voulez que ça change, ça peut changer, en douceur, avec de l’accompagnement. Et si ça vous convient, alors continuez, sans culpabilité : il n’y a pas d’horloge universelle qui dit quand un bébé doit cesser de s’endormir contre sa mère. 💕

Par Elena Goutard, coach parentale et thérapeute familiale – coaching parental – accompagnement sommeil bébé et enfant – thérapie individuelle et familiale pour les parents. Je reçois les parents en présentiel et en visio. Tous les renseignements et prise de rdv sur mon site.

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Bonjour, je suis Elena

Coach parentale et thérapeute familiale, j’aide les parents à surmonter les défis du quotidien et à créer une relation épanouissante avec leurs enfants. À travers mes articles, je partage des conseils et des outils pour vous guider dans cette aventure.

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